Sade : terrible ou divin marquis ?

Temps de lecture : 12 minutes

portrait SadeSade, « l’un des esprits les plus libres qui ait existé » selon Apollinaire, est un écrivain, dramaturge, et philosophe s’étant donné comme règles de ne justement pas en avoir. Souvent blâmé, critiqué, ou encore admiré, il est difficile d’avoir un avis neutre sur Sade. Écrivain licencieux, il dérange par sa vie et ses écrits. Certaines de ses lectures sont dites « insupportables », et l’on en sort jamais indemne. Mais peu importe si ses livres choquent, voici ce qu’il répond à ses détracteurs : « Je ne m’adresse qu’à des gens capables de m’entendre, et ceux-là me liront sans dangers. »

La jeunesse de Sade

Donatien Aldonse François de Sade naît à l’hôtel de Condé en 1740 dans un contexte de fin de régime, et comme toute fin de régime il y a un phénomène de décadence. Il naît donc entouré d’une noblesse libertine où le libertinage est généralisé, à commencer par Louis XV.

Sade est issu d’une très vieille famille de noble provençaux, basée autour d’Avignon. Cette famille possède plusieurs châteaux, et Sade va en connaître particulièrement deux : celui de son oncle, et le château de Lacoste, héritage de son père, qui va être le lieu rêvé pour lui. C’était un homme qui était très ancré dans le rapport à la nature. Ce château de Lacoste hante la vie de Sade : il est tout le temps présent, à la fois dans sa correspondance, et dans sa littérature. On retrouve d’ailleurs un avatar de ce château avec le château de Siling dans Les 120 Journées de Sodome.

Sade, par ses origines, était déterminé à devenir quelqu’un de très important socialement : il est né d’un père aristocrate et libertin (voire débauché), et d’une mère appartenant à la famille de la princesse de Condé, c’est-à-dire issue de la branche cadette des Bourbons, qui est la famille Royale. Son père participa à son éducation libertine, mais sa mère, dépressive suite à la mort en bas âge de deux de ses autres enfants, est la grande absente. On voit d’ailleurs que dans l’œuvre de Sade, les mères ont des fins souvent tragiques.

Il est envoyé, de 4 à 10 ans, dans le château de son oncle : oncle abbé mais seulement abbé de nom. Le jeune Sade, curieux et fouineur, connaît son oncle ecclésiastique d’une part, et son oncle libertin d’autre part. Par ailleurs, cette oncle s’adonnait, en compagnie de son neveu, à des fêtes traditionnelles mi-religieuses mi-païennes. Ces fêtes étaient très à la mode en Provence à cette époque, et les personnages monstrueux mis en avant lors de ces événements participèrent très certainement à façonner les goûts et l’univers de l’écrivain..

À 10 ans, il rejoint Louis-le-Grand, une école parisienne réservée à l’élite de l’époque. Ensuite, à 14 ans il rejoint le régiment des chevau-légers du Roi, qui est un régiment d’élite installé à Versailles.

Il se marie avec Renée Pélagie de Montreuil, issue de la petite noblesse de robe. À cette époque, cette noblesse monte, veut plus de reconnaissance et désire prendre plus de place. Il y a donc un mariage arrangé entre le père de Sade et madame la présidente de Montreuil, qui arrange un mariage entre Sade et sa fille aînée : Renée Pélagie. Cette jeune femme fidèle, sage et bigote finira finalement sa vie dans un couvent, bien qu’elle fut extrêmement amoureuse, dévouée, certains disent même soumise à son mari.

Les Scandales

On connaît 4 affaires principales qui ont fait particulièrement scandale et qui ont été les motifs des emprisonnements de Sade.

Le premier scandale a eu lieu à son retour de l’armée, à l’age de 23 ans : il aurait emmené une prostituée, Jeanne Testard, dans sa garçonnière et l’aurait forcée à blasphémer. Il réitère en 1768 avec une jeune mendiante, Rose Keller, qu’il emmène chez lui sous prétexte de lui offrir un travail… Mais dès son arrivée celle-ci se fait enfermer et torturer par Sade lui-même. À Lacoste, il embauche du petit personnel, des petites filles sur lesquelles il tente certaines expériences sexuelles horribles que l’on retrouvera dans Les 120 journées de Sodome. Et en 1772, Sade est condamné à mort suite à des accusations d’empoisonnement de quatre prostituées, ainsi que pour homosexualité. Certains soutiennent même que Sade ait pu être un meurtrier (ce qu’il a toujours nié) car on a retrouvé des ossements humains dans son jardin.

Ces premières infractions dans les années 1760 (quand il avait la 20aine) le conduisent dans les prisons dans les années 70. Sa belle-mère le fait arrêté par lettre de cachet en 1772, il est condamné à mort, mais il réussit à s’échapper. Il est de nouveau arrêté à Paris, en février 1777, où il était monté pour l’enterrement de sa mère. C’est le début d’une longue incarcération, qui se poursuivra à la Bastille, puis à l’asile de Charenton d’où il sortira provisoirement en avril 1790. Il est donc libéré après la révolution française, et c’est pendant cette période de liberté que ses premiers textes sont publiés.

Une pensée trop libre

Mais si ses débauches sexuelles sont les motifs de ses incarcérations, il s’agirait peut-être plus d’un prétexte pour le faire enfermer.

Sade explose tous les codes sociaux : il n’est pas un simple libertin, mais c’est un « bloc d’abîme » pour reprendre l’expression d’Annie Le Brun, qui va pousser jusqu’à ses extrémités l’exaltation des sens dans un rapport au corps tout à fait nouveau. À cette époque, on est donc sur une fin de régime, le monde est en train de changer, et Sade arrive et bouscule l’ordre des choses : il y a chez Sade un regard sur le monde qui fait peur. Il ne répond pas aux codes sociaux de son époque, il ne fréquente pas la cour, il est dans une liberté de pensée qui lui est totalement propre et ne veut pas se soumettre. Il revendique l’inexistence de Dieu, désire une France déchristianisée. Il remet aussi en cause l’idée des lois, l’idée de l’intérêt général, de la responsabilité collective. Il appelle à l’insurrection permanente pour préserver l’esprit de la révolution, et est radicalement opposé à la peine de mort… jusqu’à ce que lui même soit condamné à mort.

Dans sa correspondance écrite en prison et qu’il savait surveillée, Sade ne calme pas le jeu : il y affirme ses idées et sa correspondance devient son lieu de défoulement. Voici par exemple une lettre de juillet 1783, adressée à sa femme, dans laquelle il en profite pour adresser un message au directeur de la prison :

Il y a mille occasions où il faut tolérer un mal pour détruire un vice. Par exemple vous avez imaginé faire merveille je le parierai en me réduisant à une abstinence atroce sur le pêché de la chair, et bien vous vous êtes trompés : vous avez échauffé ma tête, vous m’avez fait former des fantômes qu’il faudra que je réalise. Cela commençait à se passer et cela sera à recommencer de plus belle. Quand on fait trop bouillir le pot, vous savez bien qu’il faut qu’il verse.

C’est donc certainement plus ses convictions irréductibles que ses actes qui lui coûtèrent la prison et, même enfermé, il continuait à faire peur. Même enfermé, il ne se soumettait pas et entretenait son athéisme absolu. De même, c’est en prison qu’il a écrit Les 120 Journées, libérant ainsi tous ses fantasmes et toutes ses passions. L’écriture était une moyen d’échapper à l’enfermement physique, et de garder toute son indépendance d’esprit.

Sade a passé 27 ans de sa vie dans 11 prisons différentes, toutefois dans des conditions de vie confortables : il avait ses meubles, un serviteur, il commandait à manger ce qu’il désirait. C’est d’ailleurs en prison que d’un beau jeune homme il s’est transformé en véritable ogre obèse et trapus.

Les 120 Journées de Sodome

En 1784, Sade est transféré à la Bastille. Il va y écrire comme il n’a jamais encore écrit, noircissant du papier nuit et jour. Le 22 octobre 1785, il achève sa première grande œuvre : Les 120 journées de Sodome, qu’il recopie sur un fin rouleau de papier constitué de feuilles collées bout à bout. Craignant qu’on le découvre, il cache son rouleau entre deux pierres de sa cellule. Le jour de son transfert à Charenton, on ne lui laisse pas le temps de prendre ses affaires. Contraint d’abandonner son manuscrit, il ne se remettra jamais de cette perte, et croit son œuvre détruite à tout jamais. Seulement, pendant la révolution française, la Bastille est pillée et l’on découvre le manuscrit. Celui-ci est vendu et est publié pour la première fois en Allemagne, en 1880, par un psychiatre allemand. Ensuite, c’est Jean-Jacques Pauvert qui a été le premier à le publier officiellement en France, en 1945, ce qui lui a valu deux ans plus tard un procès retentissant, qu’il a finit par gagner.

Voici un extrait de l’avant-propos dans lequel l’auteur met en garde les âmes sensibles :

C’est maintenant, ami lecteur, qu’il faut disposer ton cœur et ton esprit au récit le plus impur qui ait jamais été fait depuis que le monde existe, le pareil livre ne se rencontrant ni chez les anciens ni chez les modernes. Imagine-toi que toute puissance honnête ou prescrite par cette bête dont tu parles sans cesse sans la connaître et que tu appelles nature, que ces jouissances, dis-je, seront expressément exclues de ce recueil et que, lorsque tu les rencontreras par aventure, ce ne sera jamais qu’autant qu’elles seront accompagnées de quelque crime, ou colorées de quelque infamie.

Les 120 Journées de Sodome est une fiction d’enfermement ; la métaphore de son propre enfermement. George Bataille qui était un grand admirateur de Sade reconnaissait lui-même, je cite : « personne, à moins de rester sourd, n’achève les 120 Journées que malade. » L’ouvrage se présente comme un catalogue de débauches sexuelles imaginées et perpétrées par quatre libertins d’une cinquantaine d’années. Ces hommes sont en fait 4 piliers de la classe dominante de l’Ancien Régime : un juge, un homme d’Église, un duc, et un financier, qui se livrent aux pires perversions sexuelles. Ces aristocrates décident un jour de partir s’enfermer au château de Siling, dans la foret noire, accompagnés d’une quarantaine de personnes. Ils arrivent là-bas au début de l’hiver, et toutes les voies d’accès au lieu se coupent. Ils dévissent un pont levis, ils murent des entrées, la neige tombe et rend tous les chemins impraticables. Ces 4 libertins tout-puissants vont vivre en autarcie pendant 4 mois : novembre, décembre, janvier et février. Le texte entremêle le récit minutieux de ces perversions sexuelles à leur mise en œuvre sur 42 victimes soumises au pouvoir absolu des débauchés dans un crescendo de violence. On est pris dans l’engrenage où l’on passe de ce qui est pris pour les uns acceptable, à des choses qui le sont moins puis qui ne le sont plus du tout, et on va vers les passions sanglantes, meurtrières, pour finir par quelque chose d’impensable.

Au fil des pages, Sade théorise une perversion qui consiste à éprouver du plaisir en infligeant à l’autre de la souffrance. Aujourd’hui cette théorie a pris le nom de sadisme. Totalement irréaliste, cette œuvre est une sorte de fable diabolique qui décrit un enfer triomphant pour mieux dénoncer la violence d’état exercée là par 4 représentants de l’Ancien Régime. Mais le projet de Sade ne serait pas de se délecter de ces scènes, ni d’en faire l’éloge. Ce qu’il voudrait mettre en avant, c’est la violence que chaque homme a en lui, et qu’il ne peut ni vaincre, ni ignorer. Il met à nue la violence et les pulsions qui nous habitent tous ; ce que Freud un siècle plus tard étudieras à travers la psychanalyse et la psychopathologie : l’étude des perversions sexuelles.

La Philosophie dans le Boudoir

L’un de ses premiers ouvrages publié sous son vrai nom, en 1795, est La Philosophie dans le Boudoir. C’est un livre qui a pour but d’éduquer les jeunes demoiselles, et dans lequel Sade s’adresse, je cite « à tous ceux qui sont prêt à n’écouter que leur passion et leur désir. » Tout au long de l’ouvrage, le lecteur assiste à l’éducation sexuelle de la jeune et innocente Eugénie, qui va s’initier aux plaisirs grâce aux conseils de madame de Saint-Ange, et de son frère le chevalier de Mirvel. Madame de Saint-Ange a rencontré Eugénie au couvent et elle entend bien étouffer tout ce qu’il y a de vertueux et de religion en elle. Elle l’accueille donc dans son boudoir, et après une brève leçon d’anatomie, elle lui détaille les bienfaits du libertinage :

Écoute-moi donc, Eugénie. Il est absurde de dire qu’aussitôt qu’une fille est hors du sein de sa mère, elle doit, de ce moment, devenir la victime de la volonté de ses parents, pour rester telle jusqu’à son dernier soupir. Ce n’est pas dans un siècle où l’étendue et les droits de l’homme viennent d’être approfondis avec tant de soins, que des jeunes filles doivent continuer à se croire les esclaves de leurs familles, quand il est constant que les pouvoirs de ces familles sur elles sont absolument chimériques.

[…]

Et y a-t-il rien de plus ridicule que de voir une jeune fille de quinze ou seize ans, brûlée par des désirs qu’elle est obligée de vaincre, attendre, dans des tourments pires que ceux des enfers, qu’il plaise à ses parents, après avoir rendu sa jeunesse malheureuse, de sacrifier encore son âge mûr, en l’immolant à leur perfide cupidité, en l’associant, malgré elle, à un époux, ou qui n’a rien pour se faire aimer, ou qui a tout pour se faire haïr ?

Sade fait le procès définitif de l’image traditionnelle de la femme, et c’est aussi le cas dans son roman Justine ou les malheurs de la vertu, où il n’est pas une seule qualité reconnue comme féminine, qui ne soit mise en cause.

Cinq ans après La Philosophie dans le Boudoir, Sade parvient à faire publier en 1800 La Nouvelle Justine, qui est une version retravaillée de Justine ou les Malheurs de la Vertu, publié en 1791, auquel l’auteur ajoute L’Histoire de Juliette. Justine est une jeune fille malheureuse renvoyée du couvent à la mort de ses parents, recueillie et maltraitée par divers individus alors même qu’elle est d’une gentillesse et d’une innocence incomparable. Si Justine se débat avec les malheurs de la vertu, sa sœur Juliette est son opposé : elle fait l’expérience des prospérités du vice.

La correspondance sadienne

La correspondance de Sade est très riche, et considérée parfois comme l’une des plus belles correspondances de la littérature française. Elle contient tout : son humour, sa violence verbale, ses obsessions, et elle témoigne d’une très belle maîtrise et rythmique de la langue. Même si souvent ses lettres sont de véritables défouloirs, Sade s’en sert néanmoins autant pour attaquer que pour se défendre lui-même. En effet, dans sa « Grande Lettre » écrite à sa femme le 20 février 1781, Sade revendique son libertinage tout en niant son côté meurtrier :

Oui, je suis libertin, je l’avoue ; j’ai conçu tout ce qu’on peut concevoir dans ce genre-là, mais je n’ai sûrement pas fait tout ce que j’ai conçu et ne le ferai sûrement jamais.
Je suis un libertin, mais je ne suis pas un criminel ni un meurtrier, et puisqu’on me force à placer mon apologie à côté de ma justification, je dirai donc qu’il serait peut-être possible que ceux qui me condamnent aussi injustement que je le suis ne fussent pas à même de contrebalancer leurs infamies par des bonnes actions aussi avérées que celles que je peux opposer à mes erreurs.
Je suis un libertin, mais trois familles domiciliées dans votre quartier ont vécu cinq ans de mes aumônes, et je les ai sauvées des derniers excès de l’indigence.
Je suis un libertin, mais j’ai sauvé un déserteur de la mort, abandonné par tout son régiment et par son colonel.

Par la suite, Sade continue à plaider sa cause dans un catalogue d’actes héroïques qui l’élèvent presque au rang de héros. Dans cette lettre, Sade sépare également l’homme de l’écrivain, et semble refuser que ses fantasmes soient mêlés à sa vie, car il a bien conscience que c’est sa manière de penser qui est la principale cause de son enfermement.

La fin de sa vie

Sade reste jusqu’à la fin de ses jours, pendant 13 ans, à l’asile psychiatrique de Charenton. Là encore il y vit relativement bien, entretenant une relation privilégiée avec le directeur de l’asile. À la demande de ce dernier, c’était lui-même qui composait les pièces de théâtre jouées au sein-même de l’asile. Ces représentations étaient très prisées, et on disait que les personnages étaient joués par les aliénés, même si certains soutiennent que ce n’était qu’un leurre pour attirer plus de public, et que les acteurs étaient en réalité des domestiques et des servantes.

Le Marquis de Sade voulait mourir simplement, dans un endroit quelconque, désirant que sa tombe disparaisse de la surface de la terre. Sa dernière volonté ne fut pas respectée, car il fut enterré religieusement dans le cimetière de la maison de Charenton. Il voulait qu’il ne reste de lui que son œuvre, et voulait effacer son nom de l’histoire.

Même s’il est plus connu pour ses textes licencieux comme Les 120 journées, Justine, Juliette, ou encore La philosophie dans le boudoir, Sade fut tout d’abord un dramaturge. C’est en effet en écrivant des pièces de théâtre que sa carrière littéraire commença, et on a vu que ses dernières œuvres furent également des œuvres théâtrales.

Tantôt blâmé, tantôt admiré, Sade suscite des avis bien différents. Son œuvre choque, cela va sans dire, et il en est de même pour le personnage. Alors faut-il, comme le désirait-il, ne pas forcément mêler l’homme et l’écrivain ? Sade était-il véritablement un monstre ? Certains préfèrent considérer l’œuvre du Marquis comme une production purement littéraire ; d’autres ne peuvent s’empêcher de considérer l’auteur à l’image de ses pires personnages débauchés ; d’autres encore préfère une interprétation moins littérale de sa vie et de son œuvre, considérant les atrocités fantasmées comme des métaphores philosophiques.

Détesté de son vivant, presque oublié après sa mort, il a fallu attendre Apollinaire et les surréalistes pour que Sade passe du terrible Marquis, au divin Marquis.

Sources :

Soudain, un bloc d’abîme, Sade – Annie Le Brun

Journal Inédit – D.A.F. de Sade

La passion de la méchanceté, sur un prétendu divin marquis – Michel Onfray

Les 120 Journées de Sodome – D.A.F. de Sade

La nouvelle Justine – D.A.F. de Sade

La Philosophie dans le boudoir – D.A.F. de Sade

Site dédié à Sade

– Podcasts ici

– Émission La Grande Expo : « Marquis de Sade, monstre des lumières. »

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