#8 Quand on se plante, on pousse

Temps de lecture : 2 minutes

citronnier plante mer citron[ ! Cet article s’inscrit dans le cadre de l’écriture d’une petite histoire : LouPiote]

Sur Terre, je me suis longtemps sentie déracinée. Comme si on m’avait arrachée de force d’un magnifique jardin pour me planter dans un vieux pot en plastique bon marché et trop étroit. Mes racines cognaient contre les parois, s’y heurtaient, entraient en contact avec cette matière sans vie, puante, brûlante l’été et trop froide l’hiver. Le tout sur un balcon à 15 mètres du sol, lui-même dans un pays plutôt frais alors que je suis un citronnier. Bref, je ne me sentais pas à ma place, encore moins à place d’origine.

Mais, tu le sais bien, c’est en répétant sans cesse les mêmes choses que l’on obtient les mêmes résultats. C’est pourquoi plus je me brisais à ces parois qui semblaient se resserrer toujours plus sur moi, plus je souffrais de cet étouffement. J’essayais de repousser les murs sans me préoccuper de l’espace – certes petit – que j’occupais. Un jour, épuisée de me battre contre cette chose que je n’arrivais pas à contrôler, j’ai commencé à me replier sur moi même, à enrouler mes racines les unes autour des autres, produisant des figures harmonieuses comme une danse tout en finesse.

À partir de ce moment-là, je me suis mise à grandir tout à coup plus vite, mes branches se sont épaissies, mes feuilles de sont multipliées. Je suis devenue une si belle plante que, n’ayant plus l’air morte, on m’a remise à côté de congénères, voyant que je ne risquais plus de les contaminer. Voyant également que je me développais, j’ai eu le droit à un pot plus vaste, rempli de terre fraîche, dans lequel j’ai pu poursuivre et agrandir le bal que j’avais entamé.

En parallèle, je me suis enfin sentie à ma place, regrettant toujours mon ancien jardin… mais j’avais le sentiment que ma situation n’était qu’un passage, utile, intéressant malgré tout, formateur aussi, et que je ne tarderai pas trop à retrouver ma place originelle.

Je suis toujours dans ce pot, comme toi. La Terre est notre balcon (ou jardin) actuel ; notre corps est ce pot dans lequel on se sent parfois à l’étroit. N’oublie pas d’où tu viens, mais surtout, n’oublie pas de profiter de là où tu es, maintenant.

Picture : @meriamguerich on #Instagram

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5 thoughts on “#8 Quand on se plante, on pousse”

  1. Il est impressionnant de voir à quel point tu arrives à t’alimenter des éléments qui t’entourent pour fabriquer de belles histoires.

    Merci pour cette histoire inspirante, je te félicite et t’encourage à continuer.

    Pour ma part, voici à quoi ton histoire m’a fait penser :

    Trouver sa place dans ce monde : voilà un objectif pas toujours aisé à atteindre.

    Comprendre que nous avons rarement la main sur les situations extérieures et sur ce qui nous arrive.

    Comprendre en revanche que nous avons la main sur notre manière de penser et sur notre façon de percevoir le monde.

    Découvrir que nous pouvons commencer un travail intense sur nous-même et faire preuve de résilience, jusqu’au jour où ce travail porte ses fruits et nous permette d’identifier nos valeurs, être en accord avec celles-ci puis rayonner au point d’éblouir les autres.

    C’est en partie grâce à cette lumière si fraîche et si pure que nous procurons, que de belles choses commencent à nous arriver et où les situations extérieures, parfois si difficiles à supporter, se mettent à changer.

    Alors oui, nous nous sentons emprisonnés : pour certains, ce sera dans leurs couples, pour d’autres, ce sera dans leurs travails, pour notre citronnier, ce sera son pot…

    … Mais à ces moments-là, il est bon de se souvenir qu’il y a un endroit où nous sommes bel est bien libre, c’est en nous-même.

    Comment ne pas conclure par quelques citations de notre cher ami Gandhi :

    « C’est dans l’effort que l’on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire »

    « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde »

    « Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours »

Dis-moi ce que tu en penses : laisse un commentaire ! :)