De la farine au ciment

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homme farineDurant une conversation avec mon boulanger, celui-ci me partageait l’amertume qui lui restait de son divorce.
Je le sentais très affecté et il transpirait une colère qui cachait probablement un profond mal-être.
Revenons quelque temps en arrière.
Notre vaillant boulanger essuyait la farine de ses mains pour les recouvrir de poussière de ciment : il construisait une maison pour lui et sa femme.
Il enchaînait ses journées ainsi : de 4h à 18h à la boulangerie et de 20h à minuit sur le chantier.
Le fruit de son dur labeur finit par payer et il put profiter avec sa femme de sa belle réalisation.
Cependant, leur couple était fragile…
Il m’expliquait que lors de la définition des clauses du mariage, il avait opté avec sa femme pour un partage des parts.
Concrètement, cela signifiait que la boulangerie et la maison appartenaient aux deux partis du couple.
… Le couple fragile n’a pas tenu et, au moment de rompre, il a donc fallu partager en deux les biens.
Notre boulanger laissa la maison à sa femme pour garder sa boulangerie.
Lorsqu’il me racontait son histoire, je pouvais sentir la haine viscérale qu’il éprouvait pour son ex-femme :
« Elle n’a rien foutu ! C’est moi qui ai construit cette maison de mes propres mains et là, c’est elle qui en profite pendant que moi, je trime. »
Au même moment qu’il me disait ça, il était en train de construire une nouvelle maison, pour lui seul cette fois.
Et ses journées s’enchaînaient ainsi : de 4h à 18h à la boulangerie et de 20h à minuit sur le chantier.
J’ai dit seul ? En fait, non, pas vraiment.
Il construisait sa maison pour l’abriter lui, sa haine et son mal-être.
Aujourd’hui, il se retrouve seul dans sa maison et travaille d’arrache-pied pour rembourser ses dettes.
Bien que je lui souhaite, je n’ai pas l’impression qu’il trouvera une autre femme.
Il n’en trouvera pas une, car les seuls mots (maux ?) qui tournent dans sa tête aujourd’hui sont dédiés à son ex-femme.
Et ils ne sont pas jolis…
Je vous laisse penser ce que vous voulez de cette histoire.
Pour ma part, je trouve admirable la démonstration de la résilience et de la persévérance que fait notre boulanger.
Cependant, utilisées à mauvais escient, celles-ci peuvent être le fruit de notre plus grand mal-être.
Il en revient à se demander dans quelle direction nous orientons notre énergie pour nous développer ?
Assurons-nous que le sol sur lequel nous bâtissons ne soit pas fragile.
Texte écrit par Rémy Roger.

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